ASSOCIATION DES FAMILLES CAMPAGNA

Nos ancĂȘtres


L'ARRIVEE DE MATHIAS ET PIERRE CAMPAGNA AU CANADA

Ce ne fut pas une mince affaire pour nos ancêtres, Mathias et Pierre Campagna, de se rendre en Nouvelle-France.

Selon Robert L’Heureux, "Pour comprendre le contexte de leur départ, il est bon de revenir en arrière.  En 1661, le roi a promis d’envoyer au Canada 300 colons chaque année durant dix ans.  Au début, le recrutement et le transport se font par les soins d’officiers royaux, mais ceux-ci ne donnent guère satisfaction.  En 1664, le ministre Colbert confie le recrutement plutôt à une société de marchands de Rouen.  À chaque homme de travail ou engagé, est affecté 95 livres: 60 pour son passage et 35 à titre d’avance pour se procurer des hardes et pour se nourrir en attendant l’embarquement.  Cette avance sera remboursée à Québec par l’employeur, qui lui-même pourra la réclamer de son engagé sur son salaire ”. (Source : La Maison Auclair-L’Heureux, écrit par M. Robert L’Heureux)

D’abord, Mathias et Pierre Campagna signent un engagement (introuvable) en 1663 devant leurs parents et des représentants du gouvernement français.  On leur donnait rendez-vous à La Rochelle.  Ils s'embarquent, le 24 mars 1664, à bord du “Noir de Hollande”.  C’est, pour nos ancêtres, un voyage très difficile qui dure deux mois exactement.

Deux fois par jour, un marin allume un feu dans un grand chaudron au centre de la grande salle pour que les passagers puissent préparer eux-mêmes leurs repas.  Certains mangent des oeufs conservés dans de la graisse fondue, du pain, des poules, du cochon.  Mais les provisions baissent très vite.  Plusieurs ne mangent plus que des biscuits durs.

On se tient par petits groupes venant du même endroit.  Puis on se rapproche des autres groupes et on se parle du nouveau pays à défricher.  Il y a bien peu de distractions à bord.  On s’installe dans des grandes salles, sur le plancher.  Chacun apporte sa paillasse et ses couvertures.  En dehors des repas, les passagers dorment ou s’accoudent sur les bords du bateau, à regarder les vagues.  Lorsque le vent était bon, tout allait bien. Mais lorsque le vent tombait, il fallait attendre des jours et des jours avant de pouvoir avancer un peu.

Des passagers meurent du scorbut.  Souvent ces navires sont infestés de vermine et de microbes.  Il arrivait que la peste se déclarait à bord et des passagers mouraient et on ne pouvait les garder sur le bateau.  On les rejetait à la mer, dans des sacs de toile.  Le prêtre faisait quelques prières pour leur âme.

S’il arrivait que l’eau manque à bord, pas question de boire l’eau de mer.  Il faut ramasser l'eau de pluie pour la boire.  Plusieurs souffrent du mal de mer.  Puis, quand le marin à la vigie criait “ terre ”, tout le monde voulait voir et la vie reprenait à bord.

Le choc est dur à l’arrivée: forêt immense, pas de route et climat dur.  Ils ne savaient pas trop ce qui les attendait: moustiques, Indiens, bêtes sauvages.  Ils acceptent de vivre dans ces conditions, alors que d’autres retournent en France.  Il faut braver l’hiver et préparer les terres à la culture.

Le Roi de France choisissait les colons qui voulaient partir en Nouvelle-France.  C’était des gens de bonne vie, pas riches mais pas miséreux pour autant.  Ils étaient d’abord engagés chez des colons déjà établis qui leur montraient à cultiver, couper le bois de chauffage, confectionner les raquettes, chaussures, construire une maison, se défendre contre l’hiver et les Iroquois.

C’est ainsi que les Campagna ont été introduits en Nouvelle-France.  Rendons hommage à Mathias et Pierre Campagna qui ont laissé leur famille pour venir défricher ici.  Ils sont deux héros de la Nouvelle-France.  Leurs nombreux descendants leur sont reconnaissants. 


     

LE NOIR DE HOLLANDE

Deux navires sont nolisés par la Compagnie de Rouen, responsable du recrutement des colons.  Il y a le “Saint-Jean-Baptiste”, bateau jaugeant 300 tonneaux, équipé de 24 pièces de canons.  Comme les navires ont le droit de transporter 50 passagers par 100 tonneaux, il pourra transporter 150 colons, mais il n’en transporte qu’une centaine.  Il arrivera en Nouvelle-France en 1666.  L’autre navire est le “ Noir d’Amsterdam ” dit le “ Noir de Hollande ”.  Il ne jauge que 100 tonneaux et transporte 60 passagers.  Il transporte aussi 10 barriques d’eau-de-vie, 400 haches et 6 brebis.  Le Noir de Hollande, bateau de 75 pieds de long avec deux grands mâts, quitte La Rochelle le 24 mars 1664 et arrive à Québec le 24 mai 1664.  Soixante passagers y prennent place dont 9 meurent en mer.  On compte aussi neuf matelots et un aumônier.  Le commandant se nomme Pierre Fillye de Brest, qui commandera aussi le Saint-Jean-Baptiste en 1666.  Le bateau doit débarquer ces passagers à Québec, mais vient aussi pour la pêche sur la côte canadienne.  En regardant les archives de la Charente-Maritime (France), Amirauté de La Rochelle, No B5665-110-année 1664. Voici la liste des cinquante et un (51) passagers du dit navire qui accoste à Québec :

Consulter l'archive originale (nos ancêtres se trouvent au bas de la page 3) 
  
 

Jean Cris, Nerpon,Nantois Antoine Tapin, Poiré en Vélire
Antoine Pajau, Rufec, Poittou Joachim Brunet, LaRochelle
André Goutron, LaRochelle Matelin Corniveau, Fontenay
Mathelin Cardin, Poittou Jean Bertran, Aubenas
Jean Baudet, Blanchet, Poittou Jacques Duboys, Nieul, Poittou
Pierre Blet, Che Boutonne Jean Plaignol, Aubenas
Marc Butain, Paris Simon Guilleret, Bloys
François Boa, Villefaignan Mathurin Moreau, Chandenier
Jean Roy, Lagny Jean Robert, Lagny
Pierre Groulet François Marchand
Jacques Gerny, Aiguillon Pierre Audigé
Toussaint Baudry, Lagny Zeanne Bénard, Paris
Pierre Houdan, Lisieux Jean Baillie, Isle de Ré
René Peltier, Marans Pierre Parot, Isle de Ré
Jacques Beaudoin Nicolas Geoffroy, Isle de Ré
Simon Derne, LaRochelle Nicolas Boue, Poiré, Vélire
François Bastard, Jaume, Poittou Jean Fretté, Gué, Vélire
Jean Bouesmé, Poittiers Pierre Fournier, Aigre, Poittou
Pierre Caillau, Gué, Vélire Louis de LaHaie, Loudon
René Jouchon, Poittiers Jean Fourment, Picardie
MATHIAS CAMPAGNAT, LaRochelle PIERRE CAMPAGNAT, LaRochelle
Antoine Auton, Angoumois Jean Pollicain, Loumaist, Bret
Charles Combault, St-Jean, Angély Nicolas Fournier, Marans
Pierre Riveau, Ruelle, Angoumois Jacques Maignard, LaRochelle
François Hilleret, Marans  

 



  

LA VIE DE MATHIAS CAMPAGNA

 Mathias Campagna est né en 1626 à Saint-Christophe d’Angoulins près de La Rochelle en France.  Il est le fils de Mathurin Campagna et Jacquette Suire.  On sait peu de chose sur ses parents.  Son père Mathurin serait né en 1606 à La Rochelle, et sa mère Jacquette en 1610 également à La Rochelle.  

Mathias a 38 ans, son frère Pierre 20 ans, lorsqu’ils discutent de leur départ pour l’Amérique.  De plus, leur cousin germain, Jacques Dubois, de Saint-Vivien, tout près d’Angoulins, se joint à eux.  

Mathias arrive au Canada, le 24 mai 1664, avec son frère cadet Pierre.  Comme presque tous les nouveaux colons arrivés au pays, il est, durant quelque temps, en apprentissage sur une ferme avant de bâtir sa propre ferme.  Mathias est donc engagé par Sieur Charles Gaultier dit Boisverdun, à l'Île d'Orléans, durant trois ans.  Il lui apprend à cultiver, à travailler la terre, à couper le bois, construire une maison, faire des provisions pour l’hiver.  Tant qu’il est sous contrat, il n’a pas le droit de se marier et doit travailler pour son employeur.

Le 27 juin 1666 (Contrat par notaire Claude Auber), à Ste-Famille de l’Ile d’Orléans, Mathias achète une terre de deux arpents de front, de Louis Houde qui retournait en France, au prix de 800 livres en 4 ans, avec maison et bâtiments.  La concession est située dans la Seigneurie de Liret à St-François de l'Ile d'Orléans.  Mathias doit payer 20 sols de rente au seigneur, en plus de 12 deniers et 2 chapons vifs chaque année en la Saint-Rémy.  Houde se réserve le grain et la paille de la grange ainsi que les planches dans l’étable. Mathias part y habiter en juin 1666.

Cependant, la femme de Louis Houde, Magdeleine Boucher, qui n'était pas au courant de la vente de la terre par son mari, fait annuler le contrat, le 20 janvier 1667 (Contrat par notaire Aubert).  En dédommagement du travail fait par Mathias Campagna sur cette terre, durant près de sept mois, Louis Houde donne tout le blé qui se trouve dans la grange sauf deux minots et un boisseau qu’il se réserve pour les semences et quinze minots de pois, et paie le notaire.

Entre temps, Mathias se cherche une concession.  Il y a plusieurs belles terres à l'Ile d'Orléans.  Elles sont toutes couvertes de beaux érables et d'épinettes.

Le recensement de 1666 nous donne pour l’Ile d’Orléans: Charles Gaultier, 48 ans, Catherine Camus, 31 ans, sa femme, ....Mathias 40 ans, domestique engagé... Les domestiques sont désignés par leur seul prénom.

Charles Gaultier et Mathias feront des affaires ensemble jusqu’en 1675.  La terre de Gaultier se trouve dans la paroisse de Ste-Famille, à 2 km à l’est de l’église, terre de trois arpents de front.

Le 20 avril 1667 (Contrat par notaire Paul Vachon), Mathias se rend à Québec et achète de Monseigneur de Laval, seigneur de l'Ile d'Orléans et évêque de Québec, une concession (no 234) à St-François de l'Ile d'Orléans.   “… une terre concédée à titre de rentes et de sens seigneuriales à Mathias Campagnar habitant  et acceptant le nombre de deux arpends de terre de front sur le fleuve au passage nord, tenant d’un costé de Pierre Roussel dit Beaucourt et de l’autre costé aux terres non concédées...Mathias devra tenir feu et lieu et défricher la dite terre... ”

Il avait le droit de pêche dans le fleuve, mais vis-à-vis sa terre. Le contrat est passé à l'évêché de Québec et signé par Mgr de Laval “ françois évesque de pétrée ” et le notaire Vachon.  Mathias s'oblige à payer, par chaque an à la fête de St-Martin, la somme de vingt (20) sols pour chaque arpent, douze deniers de cens, en plus de deux chapons vifs ou trente (30) sols par chapon.  Mathias doit faire un chemin de 15 pieds français de large pour laisser circuler les voisins.  Il est douteux qu’il en ait profité longtemps, car dès le 24 janvier 1668, nous apprenons que la concession est maintenant aux mains de Martin de Saint-Aignan.

Cinq jours après l'achat de sa terre, le lundi 25 avril 1667, Mathias passe un contrat de mariage, devant le notaire Gilles Rageot, avec Suzanne Aubineau (Aubinot selon le Dictionnaire Tanguay).  “ Pardevant Gilles Rageot notaire &ca furent presents en leurs personnes Mathias Campagnat habitant de lisle dorleans fils de feu Mathurin Campagnat et de Jacquelette Suire ses pere et mere vivants en la paroisse d’Angoulin prosche LaRochelle d’une part   et Suzanne Aubineau veuve de feu Pierre Aucler dudit bourg dangoulin prosche de LaRochelle de present en ce pays d’autre part ”.

Le contrat de mariage est passé à Québec, en la maison de Sieur Guillaume Feniou (bourgeois), un rochellois, époux de M.Anne Gaultier.  Y assistent une quinzaine de hauts personnages: “ Maître Louis Rouer Sieur de Villeray premier conseiller, Jacques Cailhault escuyer Sieur de la Tisserie conseiller du Roi au Conseil Souverain de ce pays (propriétaire d’un domaine de 15 arpents de front sur l’Ile), Damoiselle Eléonore de Grandmaison femme dudit Sieur de la Tisserie (propriétaire du fief de Beaulieu 40 arpents de front), Marie-Anne Gaultier (15 ans) femme du Sieur Guillaume Feniou (mariée à l’âge de 13 ans; l’église permet le mariage à 12 ans), Anne La Marre femme de Maître Pierre Duquet (premier notaire de naissance canadienne, absent car occupé), Esther de Lambourg veuve de feu Guillaume Gautier (belle-mère de Guillaume Feniou) escuyer Sieur de la Chesnaye, Jean Madry chirurgien du Roy, Louis Pinard maître chirurgien des Trois-Rivières, André Fouquet (engagé chez les Ursulines), Jean Duboys (*) cousin germain dudit futur époux (engagé chez les Ursulines), Claude Challe (tonnelier de Beaupré), René Ouellet (ami de Mathias, demeurant à Ste-Famille), Pierre Campagnat frère dudit futur époux (23 ans), Anne Javelot, Jacques Loyer Sieur de la Tour (marchand), Damoiselle Marie Magdeleine Sevestre sa femme, ont reconnu et confessé avoir fait leur traité et promesse de mariage ainsy quil en suit ”.

(*) Il y a erreur ici, car il s’agit de Jacques Duboys, cousin germain de Mathias, de Nieul en Poittou, qui était à bord du “ Noir de Hollande ” avec Mathias.

Si l’on ajoute Claude Lasserre et Charles Carmier, les deux témoins attitrés du notaire, cela donne 23 personnes. C’est une grosse réception. Il faut remarquer l’absence de Charles Gaultier, l’employeur de Mathias, pourtant presque voisin de Guillaume Feniou. On ne mentionne pas non plus la présence des deux fils de Suzanne Aubineau.

Les futurs époux se marient en communauté de biens. Il apporte à sa femme le douaire coutumier, soit la moitié de ses biens. Suzanne Aubineau apporte à la communauté la somme de 300 livres, laquelle somme doit revenir à ses deux fils Pierre (12 ans) et André (5 ans) Auclair, lorsqu'ils auront atteint leur quinzième année; cette dernière clause du contrat sera exécutée le 23 août 1695, un an après la mort de Suzanne Aubineau.  Les enfants Auclair demeurent avec leur mère et leur nouveau beau-père, Mathias Campagna.  Ils seront nourris et entretenus jusqu’à l’âge de 15 ans.

Le texte initial prévoit qu’ils seront envoyés à l’école, mais Mathias fait plutôt écrire qu’ils doivent travailler sur la ferme, jusqu'à l'âge de 15 ans. Donc, ils n’iront pas à l’école.   Le mariage a probablement lieu à Charlesbourg car Suzanne y habitait avec ses deux fils.  Sinon il a lieu à l’église Notre-Dame de Québec.

C’est donc sur la terre de Charles Gaultier, dans une maison habitable, que Mathias Campagna installe son épouse et ses deux enfants.   Dans le recensement de tous les habitants de l’Ile d’Orléans de 1667 nous voyons les notes suivantes: Isle d'Orléans, Mathias Campagna, fermier du sieur Gaultier, Suzanne Aubineau, sa femme, veuve de Pierre Auclair, Pierre Auclair, André Auclair, six bestiaux et 15 arpents en valeur (c’est beaucoup!).  Selon la définition du temps, un fermier est quelqu’un qui cultive la terre d’un autre, moyennant redevances en argent.

Les deux parties ont probablement signé un contrat de bail à ferme, mais ce dernier demeure introuvable. Mathias demeure seul sur la ferme avec sa petite famille, car Charles Gaultier, comme en fait foi le recensement de 1667, habite désormais à Cap-Rouge, où il possède une autre terre depuis longtemps.

L’entente tient durant 8 ans. Ce n’est que le 3 avril 1675, devant le notaire Michel Fillion, que le fermier Mathias et le propriétaire Gaultier, règlent leurs comptes. Mathias Campagna reconnaît devoir la somme de 100 livres tournois et 103 minots de blé froment à Charles Gaultier.

Mathias ne peut acheter cette terre de Gaultier car elle vaut trop cher. Donc il retourne voir Mgr de Laval pour une nouvelle concession, du côté sud de l’île, dans la partie qui deviendra la paroisse St-Jean. La terre a trois arpents de front. Le contrat de concession reste introuvable.  Mais nous savons qu’en 1685, la terre est vendue à quelqu’un d’autre.  Mathias n’aurait pas eu le temps de la défricher.

Entre temps, il s’est réservé deux autres terres plus à l’Est, dans l’arrière-fief d’Argentenay.  Ce fief, qui appartenait auparavant à la veuve d’Ailleboust, appartient maintenant aux Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Québec, à qui elle en fait don.  Le procès-verbal d’arpentage de Jean Guyon, en date du 19 novembre 1675, attribue à Mathias Campagna, les lots 15 et 16, à partir de l’extrême est, sur le flanc sud de l’île.

Souvent, les censitaires occupent leur terre avant d’en posséder les titres de propriété.  Ils ont seulement en main un billet de concession, appelé aussi billet d’assurance, qui les autorise à commencer le défrichement.  Après une période de probation d’un an ou deux, le seigneur les convoque pour passer devant le notaire, afin d’officialiser l’acte de concession.

Le 18 juillet 1677, les Hospitalières convoquent à leur monastère, devant le notaire Romain Becquet, Pierre Auclair pour recevoir le lot numéro 15, et le 1er août 1677, c’est au tour de Mathias Campagna de recevoir le lot numéro 16, (trois arpents et demi de front) en la seigneurie d'Argentenay (paroisse St-François).  Mère Jeanne Agnès de St-Paul en est la Supérieure et Jeanne-Françoise de St-Ignace en est l’économe.  Nous comprenons maintenant pourquoi Mathias a réservé deux terres plutôt qu’une, deux ans auparavant.  C’était en vue de permettre à Pierre Auclair, qui a maintenant 22 ans, de s’établir près de sa famille.

Mathias doit leur payer, à chaque 11 novembre, 70 sols, 3 chapons gras et douze deniers.  La terre a trois arpents de front.  Il doit y tenir feu et lieu et entretenir le chemin.  Il reçoit le droit de pêche vis-à-vis sa terre seulement.  Cette terre est en possession des Campagna jusqu’en 1890.

Dans le temps où il demeure chez Charles Gaultier, le couple Campagna-Aubineau met au monde quatre enfants. Tous les quatre sont baptisés à la paroisse Ste-Famille:

 -Charles: baptisé le 3 mars 1668.  Il épouse le 22 septembre 1692 (contrat du notaire Jacob), Marie-Madeleine Blouin, en l'église St-Jean de l'Ile, fille d'Emery Blouin et de Marie Carreau.  Sépulture le 28 juillet 1737 à St-François de l'Ile.

-Anne-Françoise: baptisée le 18 janvier 1671.

-Marie: baptisée le 3 mars 1672 et inhumée à St-François le 11 décembre 1689.

-Louise: baptisée le 6 mai 1674, décédée et inhumée à Québec le 2 septembre 1676. (1686)

Le recensement de 1681 nous donne: Mathias Campagnard (erreur dans le nom) 50 ans (en réalité 55 ans), sa femme Suzanne Robineau (Aubineau) 47 ans, Charles son fils 14 ans, Marie 9 ans, quatre bêtes à cornes et six arpents en valeur.

Au recensement de 1681, Pierre Auclair (26 ans) n’est plus propriétaire de sa terre.  Mathias Campagna occupe toujours la sienne.  Cette terre se trouve aujourd’hui à 2.4 km de l’église de St-François.  Sur le cadastre de 1879, elle correspond aux lots 234 (moitié ouest), 235 et 236. De plus, André Auclair n’est plus là.  Anne-Françoise, qui aurait 10 ans, n’est plus là, probablement décédée.  Marie décède huit ans plus tard, à l’âge de 17 ans.  Louise est décédée il y a 5 ans, à l’âge de 2 ans et demi.  Pour une raison inconnue, elle a été inhumée à Notre-Dame de Québec, plutôt que dans sa paroisse natale.  Finalement, seul Charles survivra.  Avec ses cousins, les fils de Pierre, il assurera la descendance des Campagna en terre d’Amérique.

La vie de Mathias et Suzanne est laborieuse et modeste, remplie de sacrifices.  Ils possèdent peu de choses.  Ils fabriquent leurs meubles et leurs vêtements.  Mathias coupe le bois pour se chauffer, chasse le petit gibier et pêche.  Suzanne prépare les repas.

Le 2 juillet 1683, le notaire Vachon signe un procès-verbal concernant le chemin construit par Mathias Campagna dans la seigneurie d’Argentenay.  Il habite le côté sud du chemin.  En 1689, sur une carte faite par un nommé Villeneuve, la terre no 58, appartient à Massia Campania (Mathias Campagna) entre les terres de Martin Bouché de Montmorency (Baucher-Morency) et celle de la veuve de François Golin.

L'année 1694 est marquée par le décès de Suzanne Aubineau, le 10 mars à St-François de l'Ile, inhumée le 13 mars au cimetière paroissial. Le 23 août 1695, Pierre et André Auclair donnent quittance de la somme de 300 livres que Mathias leur a promise lors de son contrat de mariage.

Mathias Campagna vécut 50 ans au Canada.  Il survécut 20 ans à son épouse et mourut le 27 août 1714, à l’âge de 89 ans.  Au sujet du décès de Mathias Campagna, le dictionnaire Tanguay nous dit qu'il est inhumé dans le cimetière de la paroisse Ste-Famille; c'est une erreur car son acte de sépulture a été relevé dans les registres de St-François de l'Ile.  Mathias finit ses jours auprès de son fils Charles.

Voici son acte de sépulture: "Le vingt-huitième d'août de l'an mil sept cent quatorze, nous soussigné curé de la paroisse de St-Jean-Baptiste (St-Jean de l’Ile d’Orléans), ay fait l'enterrement du bonhomme Mathias Campagna dans le cimetière de la paroisse de St-François de l'Isle, décédé le jour précédent dans la nuit, après avoir été muni de tous les sacrements à l'âge d'environ quatre-vingt-huit ou dix ans (en fait à 89 ans) et ce en l'absence de Mr Bisand, missionnaire de la dite paroisse.  Grand nombre d'habitants ont assisté au dit enterrement, entre autre Joseph Lepage, Jacques Asselin, Antoine Bilodeau, lequel Joseph Lepage a signé, les autres ne sachant écrire ni signer." Prêtre Boucher, missionnaire.

Pourquoi Mathias et son frère Pierre sont-ils venus en Nouvelle-France ? Pour coloniser bien sûr.  Ils ont été invités par les fondateurs de la Nouvelle-France à venir s’établir dans un nouveau pays prometteur et très fertile. Ils ont aussi été invités par les Missionnaires pour aider à répandre la parole du Christ.


   

LA VIE DE SUZANNE AUBINEAU

Suzanne Aubineau est née en 1633 à St-Christophe d’Angoulins, en France, également le village natal de Mathias Campagna, à 12 km au sud de La Rochelle.  On écrit qu’elle serait la fille de Grégorine Aubineau.

Elle épouse Pierre Auclair (Leclerc) en 1653, à St-Vivien, près d'Angoulins, en France.  Pierre Auclair était né en 1627 à St-Vivien.  Le juge Robert Auclair, de Québec, a obtenu de la mairie de Saint-Vivien, les précisions suivantes.  Le couple a eu trois enfants:  

    - Pierre, baptisé le 7 février 1655. Il aurait été baptisé sous le nom de Leclerc.

    - Anne, décédée le 21 août 1661. Une source (internet) confirme la naissance de Anne, en      1656 et décédée le 21 août 1661. (Source :Michigan’s Habitant Heritage, Volume 8,              numéro 3, juillet 1987, pages 60 à 63, écrit par Howard J. Auclair).

    - André, baptisé le 23 avril 1662 à La Rochelle, décédé le 14 mai 1699 à Charlesbourg en Nouvelle-France.

Les trois enfants sont nés et baptisés à Saint-Vivien, à 6 km au sud-est d’Angoulins, où le couple Auclair-Aubineau s’est établi.

Pierre Auclair, son époux, a été inhumé le 25 janvier 1663, à l’âge de 36 ans.  Donc Suzanne Aubineau, veuve, et ses fils, Pierre et André, arrivent en Nouvelle-France en 1666 à bord du navire “Le Moulin d’Or”.

Selon Robert L’Heureux, auteur du livre “ La Maison Auclair-L’Heureux ”, il est probable qu’elle soit arrivée durant l’année 1666.  D’après lui, Suzanne Aubineau est une Fille du Roi.  On les appelait ainsi car leur transport et leur établissement dans la colonie sont à la charge du Roi.  On dit que près de 800 Filles du Roi sont venues en Nouvelle-France.  Le tiers d’entre elles sont orphelines et plusieurs sont veuves.  C’est le cas de Suzanne Aubineau.  Elle avait probablement 31 ans, lors de son arrivée au pays.

Sur internet, Donald Campagna, a réussi à retracer une liste des 800 Filles du Roi, sur laquelle apparaît le nom de Suzanne Aubineau. On y voit : mariage Campagna, Mathias, contrat 25 avril 1667. Source : Volume de Yves Landry, sur les Filles du Roi au 17e siècle, Léméac, 1992.

Une autre liste de 30 Filles du Roi prise dans le répertoire d’Yves Landry ne figurant pas sur la liste de Bob Way.  On y voit : veuve de Pierre Auclair, contrat de mariage avec Mathias Campagna le 25 avril 1667.

Le 11 août 1666, elle assiste comme témoin à un contrat de mariage entre Jean Cadou et Suzanne Letru.  Celle-ci était originaire de La Rochelle et était sur le navire avec Suzanne Aubineau.  Elle ne sait pas signer.  Imaginez que Jean Talon y assiste aussi.

Suzanne signe un premier contrat de mariage le 24 août 1666 (jour de la Saint-Barthélemy), avec Jacques Michel, devant le notaire Romain Becquet.  Ce Jacques Michel habite l’Ile d’Orléans, fils de feu Jean Michel et de Françoise Normand.  Elle annule ce contrat huit jours plus tard.  Suzanne doit trouver un nouveau parti.

Suzanne Aubineau se rend en 1667 chez Dame Anne Gasnier qui s’occupait des Filles du Roi.  Elle fait la rencontre de Mathias Campagna et le vendredi 22 avril 1667, devant le notaire Gilles Rageot, elle signe un deuxième contrat de mariage.  Le mariage a lieu le lundi 25 avril 1667, jour de la Saint-Marc.  Ses deux fils habitent avec eux.  Il est probable qu’elle connaissait Mathias Campagna avant de se rencontrer en Nouvelle-France, étant nés tous les deux dans le même village et n’ayant que deux ans de différence.  De leur union sont nés quatre enfants.

Plus tard, l’aîné, Pierre Auclair, possède la terre juste à côté de celle de Mathias.  Elle deviendra plus tard, la propriété de Charles Campagna.

Lorsqu’elle atteint l’âge de 55 ans, Suzanne Aubineau a des ennuis de santé.  Selon les registres de l’Hôtel-Dieu de Québec, au début de l’année 1690, à deux reprises, elle fait des séjours à l’Hôtel-Dieu.  On y lit : “ Susane Hobignon aages de 58 an de la paroisse de Angoul proche de La Rochelle famme de Mathias Campagna ”.  Le 19 février, elle y entre et ne sort que le 12 mars suivant.  Elle y revient le 15 avril, pour 15 jours.

Suzanne Aubineau meurt le 10 mars 1694, à 59 ans et est inhumée le 13 mars au cimetière de St-François de l’Ile d’Orléans.  D’autres sources parlent de l’inhumation au 25 mars 1694.

"Le treizième jour de mars a été inhumée dans le cimetière de cette paroisse (St-François) Suzanne Aubineau décédée le 10e précédent, âgée de cinquante-neuf ans, femme de Mathias Campagna; après avoir reçu les sacrements de pénitence et d'extrême onction et de Viatique.  Ont assisté à son inhumation comme témoins: Gabriel Voyer et Jacques Lounier, lesquels ne purent signer." A. Davion, prêtre missionnaire.

 



  

LA VIE DE PIERRE CAMPAGNA

Pierre Campagna arrive au Canada le 24 mai 1664 avec son frère Mathias.  Il serait né en 1644 à Saint-Christophe d'Angoulins, France.  Ses parents: Mathurin Campagna et Jacquette Suire.

A son arrivée au Canada, il a 20 ans et est domestique engagé chez Sieur Denis Brière à Cap-Rouge.  Brière possède 20 arpents en cultures et 11 bêtes à cornes.  Brière vient de Normandie, a 35 ans, époux depuis 1658 de Françoise Bigot, veuve de Charles Guillebout.  À la maison, il y a 5 enfants Brière et Guillebout, qui ont de 4 à 15 ans.

Pierre Campagna passe un contrat de mariage, le 5 janvier 1670, devant le notaire Romain Becquet, avec Anne-Françoise Martin (Fille du Roi), à Québec.  Mathias et Suzanne Aubineau y assistent, ainsi que Dame Anne Gasnier, responsable des Filles du Roi.

Le mariage a lieu le dimanche 15 janvier 1670 à Québec.  Pierre habite St-Augustin.  Le contrat stipule que le mariage devait se faire dans les dix jours suivant le contrat.  Ils se marient en communauté de biens.  Anne-Françoise apportait 200 livres et 50 livres comme cadeau du roi.  Pierre ne pouvait toucher cet argent.

Pierre demeure pendant de nombreuses années au service de Brière.  Le 1er novembre 1679, Pierre loue une terre à Cap-Rouge dans la seigneurie de Maure, de Florence Gareman, veuve de François Boucher.  La terre de huit arpents de front est louée pour cinq ans et il s'engage à payer à la veuve, chaque année à Noël, 12 minots de blé et 8 minots de pois, etc.  En retour, la veuve Boucher lui prête deux boeufs, charrette, traîne et se réserve une chambre dans la maison sise sur la terre louée.  Contrat signé par le notaire Becquet.  Il loue aussi la grange, le jardin et le bois.  La ferme était voisine de celle de Etienne Chevalier et Denis Brière.  Cette terre est celle qu’occupe aujourd’hui l’Hôtel de Ville de Cap-Rouge.

Le recensement de tous les habitants du Canada de 1681 nous donne: St-Augustin, Seigneurie de Maure, Pierre Campagna 35 ans (en fait 37 ans), Anne-Françoise Martin 30 ans, Marie 11 ans, Louis 9 ans, Marguerite 7 ans, Pierre 5 ans, Françoise 3 ans, un fusil, deux bêtes à cornes, 14 arpents en valeur.

Des époux Campagna-Martin sont nés onze enfants:

 - Marie-Angélique: baptisée en 1671, épouse le 4 juillet 1729 à Montréal, Jean Bonin. Sépulture à Montréal ou Québec, le 4 décembre 1745.

 - Marie-Anne: baptisée le 24 février 1671 à Sillery, épouse Guillaume Jean (contrat du notaire Paul Vachon) le 28 février 1685, fils de Vivien Jean et de Suzanne Ayrault à la Pointe aux Trembles.

 - Louis: baptisé le 30 mai 1672 ou 1676 à Sillery, épouse à St-Augustin en 1692 ou 1696, Angélique Rabouin. Sépulture à St-Augustin le 10 juillet 1731.

 - Louise: baptisée le 30 mai 1672 ou 1673.

 - Marguerite: baptisée le 4 avril 1674 à Québec.  Elle épouse le 13 novembre 1689 à la Pointe-aux-Trembles, Pierre Garzeau (Gorceaux) et en secondes noces le 9 avril 1720 à Batiscan Edmond Guibaud. Sépulture à La Pérade le 18 avril 1727.

 - Anne-Françoise: baptisée le 23 juillet 1677 à Québec.  Décès après le recensement de 1681.

 - Françoise-Paule: baptisée le 11 juillet 1683 à Neuville, épouse le 23 septembre 1697 à St-Augustin, Laurent DuBocs. Sépulture au même lieu en 1717.

 - Pierre: baptisé le 17 mars 1686 à Neuville (Pointe-aux-Trembles).

- Marie-Madeleine: baptisée le 3 décembre 1684 à Neuville, épouse le 10 mai 1699 à St-Augustin, Jean-Baptiste Delguel dit Labrèche.  Sépulture le 26 mars 1764 à St-Augustin.

 - Charles: baptisé ?, épouse le 26 novembre 1692 Madeleine Rabouin.

 - Jeanne: baptisée en 1689, épouse à St-Augustin le 15 octobre 1708, Etienne Amiot (contrat par le notaire Lacetière).  Sépulture le 27 juin 1739.

Pierre Campagna présente une requête au Conseil Souverain de Québec, en accusant un certain François Fleury dit Mitron, “ pour avoir battu et dessin premedité, la femme du suppliant ”.  Fleury fut condamné à 100 sols d’amende et 10 sols d’intérêt.

Sous le régime français, tout se faisait devant le notaire.  Ainsi, le 22 mai 1687, Pierre Campagna apportait au Sieur Pierre Nolan, 5 minots de blé et les vendait pour la somme de 20 livres.  Donc on signait une quittance devant le notaire Rageot.  Pierre ne savait pas signer.

Le 22 avril 1688 (contrat par notaire Gilles Rageot), Pierre loue une terre de trois arpents de front qu'il possède à St-Augustin, à Antoine Gaboury pour 6 ans, avec la cabane.  Gaboury doit payer chaque année 16 minots de blé et 5 minots de pois blancs.

Par un acte du notaire Gilles Rageot, le 30 mai 1691, Pierre devient possesseur d'une nouvelle terre qu'il achète d'Etienne Chevalier.  Cette concession de deux arpents de front avec habitation, est située sur le premier coteau de la Seigneurie de Maure, St-Augustin.  C’est la terre voisine de François Boucher et de Pierre Auclair.  Pierre doit payer la somme de 200 livres en cinq termes.  Pierre devient pêcheur d'anguilles.

En l'année 1685, Pierre et Anne-Françoise marient une de leurs filles, Marie-Anne (14 ans) à Guillaume Jean (contrat du notaire Paul Vachon), le 22 janvier 1685.  Mathias et son épouse assistent à la  signature du contrat, ainsi qu'André Auclair.  Pierre Campagna et son épouse donnent à leur fille pendant huit ans, 300 anguilles fraîches, etc. On donnait ce qu’on avait.

Le 22 mai 1687, quittance par Pierre Campagna à Pierre Nolan, contrat du notaire Rageot.  Il apporte à Nolan, 5 minots de blé cultivé sur sa terre et les vend pour 20 livres.  Nolan paie.

Au mariage de leur fille Marie-Paule avec Laurent DuBocs, les parents Campagna, devenus un peu plus fortunés, donnent à leur fille “une taure de huict mois et un grand cochon et une truie megre ”.

Le 15 février 1700 (contrat du notaire Gilles Rageot), Pierre et son épouse se rendent chez le notaire pour faire une donation de leurs biens à leur gendre Pierre Delguel dit Labrèche, époux de Marie-Madeleine Campagna. "Considérant que le grand âge dans lequel ils sont avancés (58 ans) ne leur permet plus de travailler de leurs mains, à faire valoir le peu de bien que Dieu leur a donné et considérant d'ailleurs que la plus grande partie de leurs enfants sont pourvus par mariage à l'établissement desquels ils ont contribué et désirant dans l'extrême vieillesse (58 ans) où ils sont, trouver les moyens de n'avoir autre embarras que celui de songer à la mort et de se rendre digne de l'éternelle félicité pour raison de quoi ils ont de bon gré et volonté fait donation... Pierre a 58 ans et Anne-Françoise 62 ans.

Les “ vieux ” donnent la moitié d'une terre de trois arpents de largeur, deux boeufs, l'un sous poils rouges et l'autre sous poils noirs, quatre vaches noires dont trois avaient quatre ans et l'autre neuf ans, deux jeunes boeufs sous poils rouges, une génisse et cinq cochons.

En retour Delguel et sa femme doivent éponger les 477 livres de dettes des parents, et bien prendre soin d’eux, les nourrir, les vêtir, les loger et les soigner, jusqu’à leur décès.  Au décès de chacun, ils doivent faire dire dix messes basses de requiem, etc.

Pierre Campagna et son épouse demeurent encore quelque temps à St-Augustin.  Puis Anne-Françoise demande séparation de corps et de biens et va vivre à Québec, quartier de la porte St-Louis.  Pierre va vivre chez son gendre à St-Augustin.

Pierre Campagna est décédé et inhumé à St-Augustin entre le 14 juin 1706 (acte notarié entre Pierre Campagna et son épouse Anne-Françoise Martin, donc Pierre est bien vivant) et le 30 juillet 1707 (Acte notarié d’une donation d’Anne-Françoise Martin, veuve de Pierre Campagna, à Jean Delguel).  Donc Pierre Campagna serait décédé entre ces deux dates.  C’est ce que nous possédons de plus précis présentement.

Quant à Anne-Françoise Martin, elle meurt le 26 décembre 1719 à l'âge de 70 ans et est inhumée au cimetière de St-Augustin.

Les descendants de Pierre Campagna demeurent dans la paroisse de St-Augustin jusqu'en 1730, époque où ils s’installent à Sainte-Anne de la Pérade jusqu'en 1750, puis nous les retrouvons à Saint-François du Lac, Saint-Wenceslas et à Montréal. Actuellement il y a plusieurs descendants de Pierre à Woburn et à Montréal.

Mariages à Ste-Anne de la Pérade:

- 1724, Marguerite Campagna et Pierre-Charles Vallée

- 1731, Jean-Baptiste Campagna et Marie-Anne Guilbeau

Mariages à St-François du Lac:

- 1766, Anne Campagna et François Garand, 1757, Josephte Campagna et Michel Dubois

- 1762, Véronique Campagna et Vincent Picheron

Mariages à Neuville:

- 1689, Marguerite Campagna et Pierre Garceau

- 1685, Marie-Anne Campagna et Guillaume Jean

Des dizaines de mariages à Woburn.  


 

LA VIE D’ANNE-FRANÇOISE MARTIN

 Anne-Françoise Richard dite Martin est née à Orléans en France en 1649 (ou 1651), fille de feu Nicolas Martin et Madeleine Fauvenet (ou Fournier) d’Orléans en France.  Elle arrive au Canada en 1669 comme Fille du Roi (même source que celle de Suzanne Aubineau).  Elle est orpheline, ses parents (Martin) étant décédés.  Anne-Françoise porte le nom de Martin mais souvent sous le nom de Richard, nom de son protecteur et tuteur, son oncle Nicolas Richard de la ville d’Orléans en France.

Dès son arrivée en Nouvelle-France, en attendant de se marier, elle habitait chez Anne Gasnier, responsable des Filles du Roi.

Elle passe un premier contrat de mariage, annulé par la suite avec François Dernajou le 12 décembre 1669.  Puis un deuxième contrat de mariage est annulé le 24 décembre 1669 avec Pierre De Lavoye.  

Elle signe un troisième contrat de mariage, le 5 janvier 1670 avec Pierre Campagna, dans la région de Québec.  Ils se marient en communauté de biens.  Anne-Françoise apporte 200 livres et 50 autres livres, cadeau du Roi de France.

Le 30 juillet 1707, elle signe un acte de vente d’une terre, fait à Jean Delguel dit Labrèche (son gendre), devant le notaire Lacetière de Québec.  Elle est alors veuve de Pierre Campagna.  Elle demeurait à la Seigneurie de Maure.  Elle avait reçu cette terre de son époux, par acte de donation le 15 février 1700.  La terre avait huit arpents de front, sur 30 arpents de profondeur, avec habitation. Delguel devait payer 15 livres, un sol de cens et rente, au seigneur de Maure, à la St-Martin.  Aussi 300 livres à Anne-Françoise Martin, 50 livres aux Pères Récollets et une autre somme aux pauvres de l’Hôtel-Dieu de Québec.  Il devait aussi fournir 15 minots de bon blé froment chaque année à sa belle-mère, en plus d’un cochon gras, 10 cordes de bon bois de chauffage.

Anne-Françoise Martin meurt le 26 décembre 1719 à Saint-Augustin, inhumée à St-Augustin.


   

LA MAISON ANCESTRALE DE L’ÎLE D’ORLÉANS

La vieille maison québécoise fait partie d’un des seuls patrimoines que nous ont légué nos ancêtres.  Il est impossible de demeurer insensible devant les vestiges authentiques d’un bâtiment dont les murs semblent vouloir nous raconter une partie de notre histoire.  C’est à travers ces pierres dont les intempéries ont à peine altéré la beauté et la force, que l’on se voit nous-mêmes un soir d’hiver, en train de ranimer le feu du grand foyer

L’on se veut pleinement québécois devant ces bijoux d’architecture, dont les mains de l’homme ont été les seules maîtres.  La seule richesse de pouvoir se souvenir à travers quelques pierres est le plus merveilleux sentiment que l’on puisse posséder.

La vieille maison des Campagna à Saint-François de l’Ile d’Orléans, fut construite en 1731 par Charles Campagna et ses fils Jacques, Joseph, Charles, Simon et Michel.  La terre sur laquelle elle fut bâtie, avait été achetée par Mathias Campagna de Mgr de Laval, le 20 avril 1667.  C’est une terre de trois arpents de front sur le fleuve.  On voyageait en ce temps-là autant en canot qu’en voiture.  Mathias devait défricher en partie chaque année pour y tenir feu et lieu.  Il avait aussi le droit de pêche et de chasse, vis-à-vis sa terre.

La vieille maison mesure 38 pieds de long par 24 pieds de large.  Elle fait huit pieds de haut et le grenier fait 9 pieds.  Elle possède quelques fenêtres, mais aucune sur le côté nord à cause du vent qui frappe de ce côté.  La maison se situe à un mille et demi de l’église.  Sa cheminée de pierres va du plancher au grenier.  C’est une maison à même le sol, sans solage surélevé.  L’habitation ne possède pas de galerie.

La première génération de maison qui s’élève au Canada, est directement inspirée des maisons de l’ouest de la France.  Les colons avaient à leur disposition, d’immenses forêts, contenant des réserves de bois à perte de vue.  Néanmoins, suivant les habitudes françaises, on préférait construire en dur.

Charles Campagna choisit de construire avec de la pierre dure, du granit; le bois étant réservé à la charpente.  La pierre fut prise sur la terre même ou sur la terre de l’autre côté du chemin.  Ce sont des pierres de taille, à l’extérieur blanchies à la chaux, de la vraie pierre des champs.  Sa solidité est à toute épreuve; son épaisseur étant de deux pieds.  Les vieilles maisons de pierre empêchaient les traditionnelles incendies des maisons de bois.  Chaque pierre est étudiée, certaines ne répondant pas aux exigences de la maison: moins dures, gardaient le froid, prenaient l’humidité, se dégradaient rapidement...

Le bois pour la charpente de la vieille maison des Campagna provenait de la terre des Campagna de l’autre côté du chemin et aussi de l’Ile aux Rueaux, cette île appartenant à Charles Campagna.  On se servit de chêne et de pin.  Les poutres, équarries à la hache, supportaient le toit de l’intérieur.

Les poutres entrecroisées sont fixées par des chevilles de bois, aucun clou n’entrait dans la construction de la maison.  Le plancher est aussi fait de planches.  Le toit en pente, ou à haut grenier, est fait de bois.  Sa pente forte permet de ne pas garder la neige l’hiver, ce qui constitue un poids énorme à supporter.  Charles choisit le cèdre et la pruche, bois qui ne pourrissent pas.

Le puits est à l’intérieur, près de la porte.  On y retrouve la cuisine et des chambres à coucher en bas.  Seul le bas de la maison est habité, le grenier servant à entreposer de la marchandise.  L’été, les jeunes vont y coucher, mais l’hiver, ils descendent.  On place des séparations, faites avec des rideaux temporaires.  Le foyer est fait de pierres et de mortier.  Il est au centre de la maison.

La cuisine constitue la pièce la plus importante de la maison.  La famille s’y tient tout le jour.  La table est fabriquée en planches, avec de longs bancs de bois de chaque côté.  Les parents et les grands-parents peuvent s’asseoir sur des chaises faites à la main.  Puis le grand poêle à deux ponts sert à préparer les repas et à chauffer la maison.  Il y a l’évier et sa pompe, la boîte à bois, le séparateur à lait (ou crémeur) pour séparer le gras du lait pour en faire la crème ou le beurre.  Près du poêle, on place un “ bed ” ou un lit-banc.

Pas de tapis sur le plancher qui est souvent peinturé jaune orange.  Les rideaux plissés couvrent la grandeur de la fenêtre, mais souvent seulement la vitre.  Les assiettes et tasses sont en granit, mais pour les grandes occasions, on sortait l’ensemble en pierre.  Les ustensiles étaient en fer.

On retrouvait plusieurs lampes à l’huile pour s’éclairer. On utilisait aussi des chandelles dans des chandeliers à globe.   Sur les murs, nos ancêtres accrochaient des images saintes et un crucifix de bois dans chaque pièce.   Dans la chambre, on voit un lit à quenouilles et un chiffonnier (petit meuble à tiroirs).  Le lit est couvert d’une paillasse (grand sac bourré de paille, d’avoine, de feuilles de maïs), d’un drap de lin et d’une couverture de laine.

Le grenier servait de chambre à coucher durant l’été, pour les jeunes.  Aussi on y retrouve le métier à tisser, le route, le cannelier (robinet d’une cuve), l’ourdissoir (machine pour préparer des fils d’égale longueur), le dévidoir (instrument pour dérouler le fil), et la carde (machine pour peigner le drap).  L’hiver, les instruments et machines étaient descendus en bas pour les travaux du soir.

Le chauffage était important dans une maison comme celle-ci.  Le foyer et le poêle chauffaient la maison.  Plus la maison est grande, plus le chauffage devait augmenter.  Charles brûlait près de 25 cordes de bois par année.  Le bois d’érable brûle vite et dégage beaucoup de chaleur.  On s’en servait durant la journée.  Tandis que le bois dur, bouleau et frêne, brûle lentement en braises et dégage peu de chaleur, donc utilisé durant la nuit.

Les fenêtres étaient doubles.  Le châssis extérieur ne pouvait s’ouvrir que du dehors.  C’est dire qu’il restait fermé tout l’hiver et on le retirait qu’après les grands froids.

Les armoires de la cuisine sont très hautes et faisaient souvent la moitié du mur de la cuisine.  En général, les vieux meubles québécois ne sont pas gros, souvent pas très jolis mais sont faits solidement à la main d’un artisan expert.  Ces meubles étaient le fruit du savoir-faire des occupants et constituaient leur orgueil.

Dans la maison on retrouve plusieurs objets nécessaires au quotidien: le chenet (barre métallique pour supporter le bois dans le foyer), la paille à feu, des terrines (récipients de cuisine en terre vernissée, servant à cuire et à conserver les viandes), des cruchons, une ferrée, une tarrière (instrument pour faire des trous dans le bois), des faux, une plaine à lime de rouet, des targettes, des traversins (sorte d’oreiller long qui fait la largeur du lit) et un cramaillon.   On y retrouve aussi la huche, le grand coffre de bois pour pétrir et serrer le pain et le saloir, pièce qui laisse sécher les viandes, surtout le lard.

Plusieurs générations de Campagna ont habité la vielle maison de l’Ile d’Orléans :

 - De 1731 à 1755 : Charles Campagna et Madeleine Blouin et leurs 8 enfants.

- De 1755 à 1782 : Joseph Campagna et Madeleine Canac-Marquis et leurs 20 enfants.

- De 1782 à 1848 : Jean Campagna et son épouse Madeleine Gagnon et les 14 enfants.

- De 1848 à 1865 : François Campagna et Louise Marceau / Domitilde Paradis et 18 enf.

- De 1865 à 1879 : Etienne Campagna et Sara Blouin et les 15 enfants.

Leur fille, Marie-Damerise Campagna, est la dernière Campagna à être née dans la vieille maison, le 28 mai 1871. En fait, Charles et Virginie sont nés après, mais ils sont décédés à la naissance.

Ces Campagna y sont décédés et ont été inhumés à Saint-François de l’Ile d’Orléans.  La maison servait de refuge aux Campagna de passage à l’Ile.  Plusieurs familles y venaient pour hiverner.

Après les familles Campagna, ce sont les Blouin qui ont acheté la maison et la terre en juillet 1877.  En 1962, les Lemelin achètent la maison et la terre.  Ils possèdent encore aujourd’hui la terre des Campagna.  La vieille maison appartient toujours au peintre, Jean-Paul Leduc, qui l’a rénovée avec goût, finesse et amour.

Malheureusement, beaucoup de ces maisons sont aujourd’hui démolies ou mal entretenues. Plusieurs ont tenté de reconstituer le modèle de ces vieilles maisons.  Cependant, elles n’égalent en rien ces vestiges de précision et d’amour.

 


   


LE MONUMENT DE MATHIAS

L’Île d’Orléans est la terre ancestrale de 317 grandes familles québécoises. Trente-huit (38) d’entre elles y ont érigé un monument ou une plaque commémorative à l’occasion de grandes fêtes.

Pour commémorer l'arrivée de Mathias Campagna en 1664 à l'Ile d'Orléans, un monument a été dévoilé, le 5 juillet 1964, à St-François de l’Ile d’Orléans, lors du Tricentenaire de l'événement.

C’est un projet que chérissait le Frère Dominique Campagna, alors président de l’Association des Familles Campagna.

Le projet a vu le jour par étapes. D’abord, pour couvrir les frais, les Campagna et Alliés ont participé à une campagne de souscription, chacun y allant de dons libres.

Il fallait acheter le terrain où reposerait le dit monument. Léon Campagna s’est occupé du contrat d’achat de la terre.  Le notaire Louis Baillargeon se rend chez François Lemelin, propriétaire de la terre des Campagna, le 16 juillet 1962, et signe le contrat en présence de Léon Campagna et du Frère Dominique Campagna.  Le terrain de dix pieds carrés, faisant partie du lot 241 du cadastre officiel de la paroisse St-François de l’Ile d’Orléans, est vendu au coût de 1$ et devient la propriété de Léon Campagna et de sa succession.  Le terrain est en face du lot appartenant jadis à notre ancêtre Mathias Campagna.  Léon Campagna s’engage à payer les taxes annuelles et entourer le terrain d’une clôture.  L’acte porte le numéro 6509. Les comparants ont signé avec le notaire.

Le monument triangulaire fait 8 pieds de haut et 4 pieds d’épaisseur.  Il pèse 5030 livres.  Il est fait de granit vert provenant de Rivière-à-Pierre, comté de Portneuf.  Il a été taillé à la carrière Martineau et Deschambault de St-Marc des Carrières, au cours de l’hiver 1963-1964.

On a creusé les fondations et coulé la base de béton, de 6 pieds de profondeur.  Dans sa base, il y a des petites pierres provenant du perron de l'église de St-Sauveur de La Rochelle d'où sont partis nos ancêtres le 24 mars 1664.

Les fondations et la base ont été réalisées par Léon Campagna et ses enfants.  Le monument est installé sur sa base le 22 juin 1964.  La pointe principale du monument est tournée vers le ciel et représente les mains jointes de nos ancêtres, priant pour le succès de leur oeuvre en terre canadienne.

Une plaque de bronze pesant 125 livres a été coulée à l’école technique de Québec et payée par la famille de Léon Campagna de Sillery.  Sur la plaque on peut lire:  

HOMMAGE A MATHIAS CAMPAGNA

ET A SUZANNE AUBINEAU

VENUS DE LA ROCHELLE, FRANCE EN 1664

ET ETABLIS SUR CETTE TERRE EN 1667

ASSOCIATION DES FAMILLES CAMPAGNA

Juste en haut de la plaque, on peut voir les Armoiries des Familles Campagna et les années 1664-1964, rappelant le Tricentenaire.  Juste à la base du monument, le nom CAMPAGNA est écrit en grosses lettres.  Le monument a coûté 254$ et la plaque de bronze, 100$.

Trois cèdres pyramidaux ont été plantés derrière le monument par Jean-Baptiste Campagna de Montréal.

Une clôture de fer forgé entoure le monument et a été payée par la famille d’Elzéar Campagna de Ste-Foy.

Merci à M. Léon Campagna et sa famille, Frère Dominique Campagna et sa famille et à tous ceux qui ont travaillé à l'édification de ce monument qui commémorera encore longtemps l'arrivée de nos ancêtres en 1664.

Une anecdote: En 1984, Léon Campagna reçoit le compte de taxe municipale pour le terrain, au coût de $0.24. Le compte est envoyé par la poste avec un timbre de $0.32.  Le coût du timbre était plus élevé que le compte lui-même.

Depuis, on a installé une enseigne en bois identifiant le monument et un présentoir comprenant un texte explicatif sur l’histoire de la maison ancestrale, texte écrit dans les deux langues, français et anglais.


  


LE MONUMENT DE WOBURN

Les descendants de Pierre Campagna dévoilent, lors du rassemblement des Familles Campagna à Woburn les 1er et 2 juillet 1972, un monument à la mémoire de Moïse Campagna.

Le premier monument était en ciment.  On l’a remplacé en 1978 par un monument de granit vert. Le monument et la plaque sont l'oeuvre d’Alfred Campagna et de ses frères et soeurs.

Sur la plaque on peut y lire:  

A LA MEMOIRE DE MOÏSE CAMPAGNA 1833-1917

DESCENDANT DE PIERRE CAMPAGNA

ET DE ANNE-FRANÇOISE MARTIN

PREMIER DEFRICHEUR DE CETTE TERRE EN 1880

WOBURN

 ses petits-enfants reconnaissants

Le monument est situé sur l’ancienne terre de Moïse Campagna et aujourd’hui à ses descendants: Victor Campagna et ses fils.

 



   

7- AUTRES MONUNENTS ET MAISONS CAMPAGNA

 

MAISON A JACOUES

 

La maison a été construite vers 1868 par Jacques Campagna au coin du 7e rang de St-Paul de Chester et du chemin conduisant au village, juste en haut de la grande côte, dans un site enchanteur.  

Il y a le puits à l'extérieur, le hangar, les 250 pins, les épinettes rouges, cèdres et noyers noirs.

Elle fut bâtie pièce par pièce, avec des bardeaux de cèdre, bardeaux d’amiante et aluminium.  Elle a deux étages avec toit en pignon.

La maison compte quatre chambres en haut, deux chambres en bas et une cuisine de séjour.  À même la maison, du côté sud, se trouvent une cuisine d’été et un grand hangar.

Souvent Frère Dominique et sa famille y ont fait la chasse aux perdrix et aux lièvres.

Quatre générations de Campagna y ont vécu de 1870 à 1970:

      Jacques Campagna et Caroline Boisjoli,

      Georges Campagna et Aglaé Bergeron,

      Donat Campagna et Marie-Anna Bergeron,

      Léandre Campagna et Cécile Rivard et leurs enfants.

Jacques y est décédé en 1918. Les enfants de Trefflé Campagna y ont habité dès 1970, jusque dans les années 1980. Raymond Campagna, fils de Cyrille, l’a achetée vers 1987.

Lorsque le vent s’élève, on entend les murs et les planchers murmurer.

Je vois Jacques qui agrandit la maison, Caroline qui berce un enfant, Aurèle, Césarie et Wilhelmine qui s’amusent.

Je vois Jean, un vieillard marchant avec une canne qui rend visite à Jacques.

Je vois Georges qui se berce dans sa chaise et qui caresse de belles têtes blondes, Aglaé qui chante une mélodie pour endormir Imelda.

J’entends des coups de marteau que donne Georges à fabriquer des meubles pour la maison.

Je vois Donat qui part aller visiter Marie-Anna, une voisine du septième rang. Je vois le jeune Raynald qui courre autour de la table de cuisine.

Je vois Léandre et Cécile assis sur la galerie, par une belle soirée chaude de juillet.

 

MONUMENT A JACOUES

Le 22 septembre 1973, le Frère Dominique Campagna annonce une corvée, comme cela se faisait dans le temps de nos ancêtres.  Cette corvée avait pour but de couler le ciment pour le monument à Jacques Campagna.  Le monument est érigé tout près de la maison à Jacques, sur le 7e rang de St-Paul de Chester.  Il est de granit, avec plaque de bronze, deux sapins plantés de chaque côté du monument, représentant Jacques Campagna et Caroline Boisjoli.

Sur la plaque on peut y lire:

HOMMAGE A JACQUES CAMAPAGNA 1835-1918

PREMIER DEFRICHEUR DE CETTE TERRE

ses petits-enfants reconnaissants

Aurèle, Césarie, Wilhelmine, M.Eléonore, Jeffrey, Georges

Néré,Donat,Lucia,Rose,Diane,Simone,Laurette,Imelda,Clément

Le monument a été dévoilé le 21 octobre 1973 par Onil Campagna. Il y eut une messe à St-Paul, puis une visite de la vieille maison. Plus de 253 personnes assistaient au dévoilement.

 

MAISON DE JEAN CAMPAGNA

Cette maison a été construite vers 1865 par Jean Campagna dans le 7e rang de St-Paul.  On y retrouvait deux grands poêles à deux ponts, un dans la grand-maison, l'autre dans la cuisine.  Il y avait des marches entre la cuisine et la grand-maison.  La grand-maison se voit ajouter une nouvelle pièce en 1900: la cuisine à sa droite.  Napoléon avait sa chambre juste au-dessus de la cuisine.

L'eau de la maison venait du ruisseau à Philéas grâce à des tuyaux de bois.  La terre avait été achetée en 1851.  Jean Campagna épouse Eléonore Boisjoli en 1853 à St-Norbert d'Arthabaska.  Avant cette maison, en 1865, Jean avait construit une campe en bois rond vers 1852 sur le bord du ruisseau.  Il y habitait avec son frère Jacques et les deux épouses Boisjoli. Plusieurs Campagna y sont nés: Delphis, Philéas, Napoléon, Nazaire...

Tous les 14 enfants de Trefflé Campagna et Éliza Dancause sont nés dans cette maison entre 1897 et 1917.  On disait que presque chaque année, les sauvages laissaient un enfant sur le perron.

C’est dans cette maison que sont décédés Éléonore Boisjoli le 23 novembre 1897, Napoléon Campagna, le 12 juin 1919, Jean Campagna, le 8 janvier 1925, et plusieurs bébés décédés en bas âge.

Dans la maison à Jean, pas de radio, pas de télé, pas d'électricité, pas de téléphone.  C'était la lampe à l'huile.  Dix-sept personnes à la table, les tantes aidaient au travail et aux repas.

Jean Campagna y fut exposé en 1925 avant de partir pour le repos éternel à l’église et au cimetière de St-Paul de Chester.

 

PLAOUE A NAZAIRE CAMPAGNA

Le 26 juin 1983, lors du rassemblement des Familles Campagna et Alliées à St-Antonin de Rivière du Loup, il y a eu dévoilement d'un monument avec plaque de bronze en l'honneur  de Nazaire Campagna.  On peut y lire:

 HOMMAGE A NAZAIRE CAMPAGNA 1853-1983

premier défricheur de cette terre

Rivière-Verte, 26 juin 1983

Nazaire Campagna est fils de Noël Campagna et Apolline Dallaire. Merci à Louis-Albert Campagna et sa famille.

 

PLAOUE COMMEMORATIVE A ST-PAUL

 

Le 6 juin 1965, une plaque de bronze est dévoilée à St-Paul. La plaque a été coulée aux Ateliers Laliberté de Québec. C'était un hommage aux Campagna qui vécurent dans la paroisse de St-Paul de Chester.

Ce sont Jean, Jacques, Charles et Pierre, tous fils de Etienne Campagna et Marguerite Fournier qui viennent s'établir à St-Paul en 1850. Ils sont de la 7e génération.

Fils de Jean: Delphis, Philéas, Trefflé, Napoléon

Fils de Jacques: Aurèle, Jeffrey, Georges

Fils de Charles: Joseph, Amédée, Philibert, Doris

Fils de Pierre: Anthyme, Amédée

 

MONUMENT DE CAP-ROUGE

Le 29 juin 1986, lors du rassemblement des familles Campagna à Cap-Rouge, Alfred Campagna dévoile le monument et la plaque rendant hommage à Pierre Campagna qui s'établit sur cette terre dès son arrivée au Canada en 1664.

La plaque est fixée sur un rocher. On peut y lire:

 HOMMAGE À PIERRE CAMPAGNA

VENU DE FRANCE EN 1664

ET À SON ÉPOUSE ANNE-FRANÇOISE MARTIN

ILS S’ÉTABLIRENT ICI, SUR CETTE TERRE

À SAINT-AUGUSTIN, EN L’ANNÉE 1680

Association des Familles Campagna 1986

Ce monument est situé sur le terrain actuel de l’Hôtel de Ville de Cap-Rouge, terre ayant déjà appartenue à notre ancêtre Pierre Campagna.  

 

LE MONUMENT DE HIGHGATE

Le dimanche 20 juin 1999, Donald et Lyse, Normand et Lucille Campagna ont dévoilé un monument en l’honneur de leurs parents défunts, Oscar Campagna et Jeanne Laroche.

Le monument est situé sur le Campagna Road à Highgate au Vermont.  Il est érigé sur un petit monticule, juste entre les propriétés de Donald et Normand Campagna.  Donald habite la vieille maison paternelle et Normand est son voisin.

Sur le monument, on voit en grosses lettres, le nom CAMPAGNA.  En-dessous, il y a les armoiries, gravées sur la pierre.  Au bas, on y lit OSCAR et JEANNE 1930, année où ils achètent la ferme, puis DONALD et NORMAND 1991, année où Jeanne vend la ferme à ses deux fils.

Il s’agit d’une pièce rectangulaire, érigée sur la hauteur et non sur la longueur.  Le monument repose sur une base de ciment.  Devant le monument, deux pots de fleurs qui représentent Oscar et Jeanne.

Près d’une centaine de personnes ont assisté au dévoilement du monument, par les deux fils d’Oscar, Donald et Normand Campagna.  Le Père Lucien Coutu a béni le monument.  Donald y est allé d’une courte biographie de ses parents défunts.

Le monument est là pour rester, pour les générations à venir.

 

LE VIEUX MOULIN À SCIE DE JEAN CAMPAGNA

Sur les bords du ruisseau Campagna, dans le 7e rang de Saint-Paul de Chester, on pouvait voir le vieux moulin à châsse de Jean Campagna.  Ce moulin, unique en son genre, est démoli en 1912, pour faire place à un moulin à scie ronde plus moderne, avec ses 32 dents changeables.  Décision prise par son fils Trefflé, car c’était le progrès ! Cette démolition causa grand peine à Jean Campagna qui avait alors 80 ans.  Il l’avait fait marcher tant de fois!

Le 4 mai 1901, Jean Campagna achetait de Firmin Gagné, pour 800 piastres, une petite terre, voisine de celle de Trefflé Campagna, sur laquelle était situé le vieux moulin à châsses et aussi la grange qu’on appelait la “ Grange à Firmin ”.  L’acte est passé chez le notaire François-Xavier Lemieux, à Arthabaska et signé par Trefflé Campagna, Firmin Gagné et Jean Campagna y met son X.   Le moulin avait deux étages: en bas, les roues, les atappes et la grand-roue à palettes qui actionnait le tout. En haut, l’entrée des billots, le chariot ou le carriage, la déligneuse, le banc de scie pour les croûtes et la petite chambre avec son lit, et un poêle à pont en fonte sur lequel on voyait l’effigie du bonhomme Papineau avec son coq. Jean disait à ses petits-fils que ce Papineau était un grand patriote.

La grand-roue avait quatre pieds de diamètre et huit de large.  L’eau la faisait actionner après avoir lever un grand bras qui ouvrait le passage de l’eau.  Une manivelle faisait monter et descendre la châsse dans laquelle était fixée la scie.  En face de la scie, on avait le charriot (ou carriage) qui avançait lentement, de un demi-pouce, lorsque la scie descendait.  Sur le chariot, était fixé le billot à scier, soit en planches ou en madriers.  Les maillets et piques servaient à assujettir le billot.  Cela n’allait pas très vite, mais c’était moins fatiguant que jadis, pour les scieurs de long.  Jean avait tout organisé pour sauver du temps et beaucoup de fatigue.  Pour faire une planche, on comptait huit à dix minutes.  On pouvait scier de cinq heures le matin à onze heures du soir sans trop se fatiguer.  Il mangeait, fumait sa pipe et faisait la sieste quand le ruisseau ne fournissait pas assez d’eau pour actionner la roue.  Les croûtes étaient mises près du botteur qui les coupait en longueur de 18 pouces à deux pieds.  Les jeunes cordaient les croûtes à deux sous la corde.  Les jeunes fouillaient les rebuts de planche pour se fabriquer un toboggan ou un tape-cul.  Dans le petit ruisseau, on pêchait la truite.

En avant du moulin, il y avait un lac artificiel et un gros tremble qui s’y mirait.  Le moulin marchait six mois par année.  Il en a construit des maisons et des granges.  En 1983, Cyrille Campagna y sciait  encore du bois.  Son fils Albert continue la besogne, mais aujourd’hui il est actionné par un moteur.  Le curé Bourassa de Saint-Paul vient bénir le moulin en 1912 et Éliza fixe sur la grosse poutre, au-dessus de la scie, une médaille de Saint-Benoit et de Saint-Joseph.  Si vous passez par là, écoutez le moulin vous parler de nos ancêtres Campagna. Que de souvenirs, ce moulin nous a laissés!

 

LE RANG CAMPAGNA

Le rang Campagna occupe le coin nord de la paroisse de Saint-Paul de Chester.  Il est borné au nord-est par la paroisse de Sainte-Hélène de Chester; au sud-est par le “ petit 6 ”, le “ petit 7 ” et le chemin Craig; au sud-ouest par le 8e rang; au nord-ouest par la paroisse de Saint-Christophe d’Arthabaska.

Il s’agit d’un rang double (maisons des deux côtés du rang) qui se trouve à 7 km de l’église de Saint-Paul. Originairement, il se nommait le 7e rang de Saint-Paul.  En 1981, le conseil municipal de Chester-Ouest a l’heureuse initiative de donner aux rangs des noms de familles.  On le désigne comme rang Campagna, à cause de son premier défricheur, Jean Campagna, et aussi parce que plusieurs propriétaires de ses lots sont des Campagna dans les années 1980.

Vers 1847, une équipe d’arpenteurs du gouvernement vient dans le rang et c’est Jean Campagna de Saint-Christophe d’Arthabaska, qui leur sert de guide.  En ce temps-là, la Dominion Sulphur & Copper, compagnie minière, avait tous les droits de mines et possédait les terres dans ces montagnes.  On peut encore voir aujourd’hui des puits creusés par la compagnie entre 1800 et 1840.

Jean Campagna fut parmi les premiers défricheurs du rang.  Jean achète une terre au coût de 5 dollars.  La compagnie lui remet un reçu qui sert de contrat d’achat de terre.  Il ne fallait pas que Jean perde ce petit bout de papier.  Jean s’établit dans le rang vers 1850, avec son frère Jacques.  Ils se construisent une campe temporaire en bois rond et chacun épousera une fille Boisjoli et en 1870, Jean remet la moitié de sa terre à son frère Jacques (devant le notaire Théophile Côté) et chacun élève sa famille.  La maison de Jean est démolie par Trefflé vers 1932 pour faire place à une nouvelle maison qui est incendiée en 1953.

Le 7e rang commence, en haut au chemin Craig, pour descendre dans la paroisse de St-Paul.  Nous appelions le commencement du rang, le haut du sept.

Vivaient dans le haut du 7: les Labrecque, Johnny Côté (où est né Régina Côté, épouse d’Alfred Campagna), les Moreau, Moïse Fréchette, Philippe Côté (où a vécu l’autre Régina), Auguste Morin, Gédéon Therrien, Ti-Gus Côté, Joseph Genest-Labarre.

Puis nous arrivons à la route qui conduit au huit et au village.  À gauche de la route, Philéas Campagna.  Vis-à-vis de la route, il y a la croix de chemin.  À droite de la route, on voit la maison à Jacques Campagna.

Puis nous descendons le sept. On voit la maison de Jean Campagna, les Croteau, les Therrien, les Provencher, les Gagné, Eugène Levasseur , Alexandre Dancause, Xavier Biron, Alphonse Martel, Donat Pépin, le père Lazare Poliquin et sa Philomène, le moulin à vapeur des Poliquin.

En haut de la côte: Pierre Dancause, Laurent Poliquin, Joseph Poliquin, Médéric Dancause et Marie Boucher, Joseph Boucher. Il ne faut pas oublier les Poisson (surnommé La Chienne à Poisson), Nérée Lapierre, Gérald Côté, Oscar Daigle, les Lambert, Auguste Morin (sa fille Anna), Wilfrid Côté, Paul Demers, les Desharnais, Ludger Croteau, Donat Lafontaine, Lamontagne, Gauvreau, Guimont, Cantin, Tardif... Puis les Lucien Rivard, Jos Hodon, Albert Boilard, Eugène Gagné, Tanguay, les Boucher, les Bergeron, Hector Houle, Pellerin, Sinaï Provencher, Carrier, Binet, Leclerc, Thibault, Simon....

Vers 1880, s’ouvre la première école du rang. De 1910 à 1955, le rang Campagna comptait deux écoles primaires avec une trentaine d’enfants chacune.  Maintenant, les enfants vont à l’école du village.

Il y a eu dans le rang, trois petites scieries: la première, construite par Jean Campagna vers 1865 sur le lot 176; ce moulin à bardeaux fut remplacé en 1901 par le moulin “ à châsse ” acheté de Firmin Gagné, sur le lot 178; puis reconstruit par Trefflé Campagna, comme moulin à scie ronde en 1912, sur le même emplacement.  Vers les années 1915-1925, Joseph Poliquin eut une scierie actionnée par un moteur à vapeur , sur le lot 126.

La route vers le village de Saint-Paul de Chester est située entre le lot 174 et 175 du rang. Vers 1920, un certain Ti-Flé Houle, forgeron du village, prédit: “ Tout le sept en haut de la route va finir par pleumer, car il n’y a pas suffisamment de terre à cultiver sur le roc. ”

La prophétie se réalisa presque à la lettre, puisque tous les propriétaires de cette partie du rang ont abandonné ces terrains qui, en général, n’auraient jamais dû être ouverts à l’agriculture.  Par ailleurs, ces mêmes terres se prêtent très bien à l’exploitation forestière, comme l’ont prouvé Cyrille Campagna et ses fils.

Si vous regardez la carte du 7e rang, vous verrez le numéro du lot et le nom de gauche est celui du premier propriétaire d’après le cadastre de 1883, et à droite, le nom du propriétaire en 1985 . Puissent ces derniers continuer avec courage et bonne technique, l’oeuvre entreprise si laborieusement par nos vaillants ancêtres.  Plusieurs des maisons et des granges ont disparu.

Parmi les Campagna qui ont tenu feu et lieu dans le rang Campagna, il faut nommer: Jean, Jacques, Philéas, Georges, Trefflé, Donat, Cyrille, Léandre, Charles, Albert, François, Edouard... Cyrille Campagna y a vécu durant 75 ans.  De nos jours, ce sont ses enfants qui possèdent des terres en plantations de pins, d’épinettes, de mélèze... En 1907, Jean Campagna prend part au Concours du Mérite Agricole de la Province Québec.  En 1927, son fils Trefflé gagne la médaille d’argent du même concours.  On voit encore la maison à Jacques.  C’est un fleuron de notre histoire.  Ses murs racontent encore le passage de nos ancêtres et de ceux qui leur ont succédé.  Elle se laisse mourir petit à petit.  Elle est juste en haut de la côte.  Elle a quand même gardé son charme d’antan.  Le monument à Jacques y repose toujours.

Plaque commémorative sur la maison construite pour Charles Campagna en 1700

Façade la maison rue Sault-au-Matelot.

On peut y lire: Charles Campagna fit ériger une maison ici en 1700. Elle a été incendiée, reconstruite et haussée d'un étage en 1838. Association des Familles Campagna et alliées. 28 juin 2003. " Avec nos armoiries.
La plaque est en bronze.
 

 


  

LES ANECDOTES


Dans le Bulletin des Recherches Historiques de 1897, registre des enterrements au Faubourg St-Jean de Québec, on écrit que durant le Siège de la Ville de Québec en 1759, des soldats sont inhumés dans le cimetière du faubourg St-Jean, parmi eux il y JACQUES CAMPAGNAT, inhumé le 6 août 1759, Il habitait Toulouse en France. Il était matelot dans la Marine française. Il est blessé et décédé en 1759, âgé de 24 ans. Il n’était pas descendant de nos ancêtres.

Un certain ADJUTOR CAMPAGNA, né en 1890 à Québec, fut soldat dans l’armée américaine en 1916. Après sa démobilisation, on le retrouve lanceur dans les ligues majeures de baseball aux États-Unis, pour les Yankees de New-York.

LORENZO CAMPAGNA est annonceur à Radio-Canada.

Dans les registres de St-Henri de Lévis, on note que MARIE-ROSE CAMPAGNA est décédée le 16 janvier 1862, veuve de Henri Nichols. Elle serait âgée de 116 ans. Il y a erreur dans l’acte car Marie-Rose Campagna est née à St-François de l’Ile d’Orléans en 1755, fille de Joseph Campagna et de Madeleine Canac-Marquis. Donc elle avait 96 ans lors de son décès. Son époux Henri Nichols habitait Londres.

Dans l’acte de sépulture de ANGÉLIQUE CAMPAGNA de St-François de l’Ile d’Orléans, épouse de Jean Lachance, décédée le 12 février 1885, on note qu’elle avait 100 ans moins 33 jours.

On dit que SIMON CAMPAGNA, époux de Hélène Lepage, fut refusé comme parrain par le curé à cause de “ son ignorance crasse ”. En fait, il ne savait pas par coeur son credo en latin. La légende raconte que ce même curé fut décapité par des indiens à cause de son ignorance crasse des traités avec les indiens.

JOSEPH CAMPAGNA et son épouse Madeleine Canac-Marquis se sont mariés en la paroisse de Ste-Famille de l’Ile d’Orléans. Ils ont habité la maison ancestrale de St-François de l’Ile. Ils eurent 19 enfants, tous nés dans cette maison.

ETIENNE CAMPAGNA et Sara Blouin sont les derniers possesseurs Campagna de la vieille maison ancestrale de St-François de l’Ile d’Orléans.

JOSEPH CAMPAGNA, fut soldat de Montcalm et fut tué sur les Plaines d’Abraham à Québec.

MICHEL CAMPAGNA, fut soldat dans l’armée anglaise et prit part à la Bataille de Sébastopol en Turquie en 1837.

MICHEL CAMPAGNA demeurant au faubourg St-Roch, rue St-Valier à Québec en 1890, était faiseur de chaises. Il avait une boutique.

CHARLES CAMPAGNA, charpentier en bâtisse et menuisier, fut le premier Campagna à aller s’installer aux États-Unis, plus précisément à Détroit, en 1854.

Dans la ville de Chicago, il y a dans les années 1960, un abbé MICHAËL CAMPAGNA qui est directeur d’un Boy’s Town.

Parmi les assistants d’Al Capone et membre de la célèbre bande, à Chicago, il y avait un Campagna, né en Italie et arrivé aux États-Unis en 1929. Il s’appelait LOUIS CAMPAGNA. Il était le bras-droit, le garde du corps, l’homme de confiance d’Al Capone.

CLAUDE CAMPAGNA, originaire de Donnacona au Québec, a été élu maire de Riverview Grove en Saskatchewan en 1970. Aux élections fédérales de novembre 1972, il se présente comme candidat dans son comté de Prince Albert en Saskatchewan. Il est battu par le candidat du parti conservateur, nul autre que John Diefenbaker.

Armand Bombardier, inventeur de la moto-neige à Valcourt, comptait sur deux grands collaborateurs: Omer Boisvert et FERDINAND CAMPAGNA, pour réaliser son invention. Ferdinand Campagna habitait Laurenceville.

JOSEPH CAMPANA, de la Suède, fut arbitre lors de la fameuse série Canada-Russie de 1972.

Un certain TOM CAMPAGNA faisait partie de l’équipe des Roughriders de la Saskatchewan qui a participé à la finale de la Coupe Grey en 1972.

DANIEL CAMPAGNA, fils de Maurice D. Campagna d’Arthabaska, est un maniaque des courses d’autos. Il a pris part au Grande Prix de Trois-Rivières en 1973. Il était un ami de Gilles Villeneuve. Ce même Daniel Campagna est un des concepteurs d’un véhicule trois roues mis en marché en 1994-95, appelé “ la Campagna ”.

Dans la revue Dernière Heure du 29 novembre 1997, on dit que Marc Campagna a inventé un réacteur à induction moléculaire qui une fois installé sur un véhicule, le rend antipolluant.

Monsieur ODILON CAMPAGNA, de Victoriaville, fabriquait des calvaires en bois dans des bouteilles en vitre.

JEAN-LOUIS CAMPAGNA, de Québec, docteur en psychologie de l’Université de Los Angeles, et professeur en psychologie à l’Université Laval de Québec, est directeur du Centre de Prévention en toxicomanie à Québec, ouvert en 1983. Il a aussi créé la Fondation Campagna pour la prévention de la toxicomanie, concernant la recherche, traitement et réhabilitation. 

On dit que c’est un certain Campagna qui est en charge du bon fonctionnement du métro de Paris.

JACQUES CAMPAGNA fit dire 600 messes pour ses parents défunts. De quoi garder la foi!

JEAN CAMPAGNA, né à l’Ile d’Orléans, fut le serviteur de Mgr Bourget à Montréal.

En Italie, plus précisément à Naples, il y a un orphelinat portant le nom de Campagna, qui a subi de lourds dommages suite à un tremblement de terre. 

En 1904, Honoré Mercier avait compté plus de 3400 familles de 12 enfants et plus au Québec. Il fit don de terres cultivables à chacune d’elles. Ainsi JOSEPH CAMPAGNA et Euphémie Fortier de St-François de Montmagny ont reçu une terre car ils avaient 3 garçons et 9 filles. De même, MOÏSE CAMPAGNA et Sophie Philibert/Caroline St-Yves qui avaient 8 garçons et 5 filles.

Dans le cimetière de Yamachiche, on peut lire sur un épitaphe “ Ici repose LOUISE CAMPAGNA, Duchesse de Bourdon ”. Un prêtre français, l’abbé Courtin, vient émigrer au Canada. Il est accompagné d’un jeune prince de sang royal, fils naturels du roi Louis XV, Jean-Louis Bourdon, venu en cachette au Canada. Ce dernier passe incognito et se marie. Il décide de faire changer son nom et prit celui de Descaraffes. Il est orfèvre dans la vallée du Richelieu. Il déménage à Yamachiche. Ce Jean-Louis Bourdon, devenu Descaraffes, dévoila son secret à ses enfants: il était fils de Louis XV, roi de France. Il portait la croix de Sant-Louis. C’est Jean-Baptiste Descaraffes, son fils, né vers 1772, qui dévoila à son tour son secret. Une de ses filles de Jonas Campagna, Louise, est décédée à St-Valère d’Arthabaska, en mai 1882, à l’âge de 82 ans. Elle portait le titre de Duchesse de Bourdon, qu’on a écrit sur son épitaphe en pierre. On sait que Jonas Campagna épousa Julie Descaraffes le 18 avril 1825 à Yamachiche. Célina Campagna, fille de Jonas, épousa Evariste Descaraffes en 1869 à Yamachiche. Alexis Campagna épouse Anna-Bella Descaraffes. 

MICHEL CAMPAGNA, fils de Jacques Campagna et de Marie Michon, né en 1782, fut soldat, pour les Voltigeurs Canadiens, dans le régiment de Michel de Salaberry en 1812. Ce régiment luttait contre les attaques des États-Unis. Salaberry donna son nom à Salaberry-de-Valleyfield. L’engagement fut passé devant le notaire Lelièvre à Québec, le 19 mai 1812. Il a écrit avoir 35 ans, mais en réalité il en avait 30. Il mesurait 5 pieds et 8 pouces, cheveux et yeux bruns. 

La plus grande famille Campagna recensée dans le temps, est celle de JOSEPH CAMPAGNA et MADELEINE CANAC-MARQUIS qui ont eu 20 enfants.

Au nord-est de l’Ile de Corse, en pleine Méditerranée, île qui appartient à la France, il y a un village qui se nomme Campana.

Aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, dans l’équipe masculine de water-polo, il y avait Alexandro Campagna.

Un certain JOCELYN CAMPAGNAT a été candidat pour le Parti Conservateur aux élections fédérales de 1994, dans le comté de Shefford au Québec. Il a récolté 2959 votes et a terminé au 3e rang dans son comté.

STEVEN BASE, époux de Martine Campagna (descendante d’Aurèle Campagna) a fait partie des Casques Bleus qui sont allés en mission de paix en Yougoslavie en 1995.

Notre joueur de tennis québécois, Sébastien Lareau, affrontait en match de la Coupe Davis, en 1995, le joueur de tennis de l’Équateur, PUEBLO CAMPANA. On l’a vu aussi au U.S. Open de 1996.

En 1997, PALMIRO CAMPAGNA, de Toronto, publie un livre sur les U.F.O., les objets volants non-identifiés. Il travaille pour la Département de la Défense Nationale au Canada. 

Une maison, nommée la Maison CAMPAGNA, fut construite par Anthony Campagna en 1922. Elle est située sur les bords de l’Hudson, à Riverdale, à 15 milles de Manhattan, New-York. La maison luxueuse est évaluée à 3.5 millions de dollars américains. Elle occupe un espace de 24,000 pieds carrés avec le terrain. Elle possède une tour, salle de bal, fontaine, piscine, orangeraie, planchers de marbre et 24 chambres. Anthony Campagna est un riche immigrant sicilien. On dit qu’aujourd’hui son propriétaire paie 22,000$ de taxes municipales par année.

Il existe une ville nommée CAMPAGNA, près de Naples et de Salerne, en Italie, près de la mer.

On parle aussi de ALBERT CAMPANA de Florence, qui était philosophe et théologien à Pise et à Padoue. Il meurt le 24 septembre 1639.

JEAN CAMPAGNA, DIT LE SORCIER

Voici des extraits tirés d’un procès pour sorcellerie intenté au Sieur Jean Campagna, habitant Beaubassin en Acadie, autrefois de Pantagouest, en Nouvelle-Écosse. Il était laboureur engagé chez le sieur Grandfontaine, Gouverneur de l’Acadie, à Port-Royal. Il avait 45 ans, natif d’Angoulême, en France. Il fut arrêté il y a plus de neuf mois. On l’accuse de faire mourir par sortilège, des hommes et des bestiaux. Il paraît qu’en 1678, il y eut une grande mortalité dont il fut tenu responsable.

Premier témoin: Sieur Ragneault dit Bordonnant, environ 33 ans, domestique de sieur Castin, demeurant à Pantagouest. Ragneault dit qu’il vit Campagna qui arriva de France. Jean Campagna a toujours été un bon ouvrier et qu’il a même ramassé de l’argent. Ceux qui lui devait de l’argent, pour ne pas le payer, disaient qu’il était un sorcier.

N’avez-vous pas en 1678, soufflé dans l’oeil de François Pellerin, dans le temps qu’il travaillait au marais de sieur de la Vallière? N’avez-vous pas dit à Pellerin qu’il était près de mourir?

Réponse: J’ai dit à Pellerin, que l’orge était mal moulu. C’est une façon de parler de mon pays qui veut dire le mal qu’il sentait lui-même. 

N’avez-vous pas posé la main sur la poitrine d’un nommé Chatillon, lequel se leva en disant: “ Malheureux, tu veux me faire mourir ”.

Deuxième témoin: Andrée Martin, 40 ans, veuve de François Pellerin. Elle dit que Jean Campagna voulut en 1675, la frapper et elle lui donna un coup de bâton, à cause de ses insolences. Campagna lui souffla dans l’oeil. Son mari sentit alors un mal de tête et mourut de la fièvre.

Troisième témoin: Roger Quessy, un irlandais. En avril 1684, le dit Jean Campagna, après avoir reçu une bouteille d’eau de vie de sieur de la Vallière, se rend au logis de Quessy. Au bout de huit jours, Quessy tomba malade, en plus de trois vaches, une jeune taure et deux boeufs. Le Père Claude, récollet, fut demandé et alla bénir le boire et le manger des animaux. Le sieur de la Vallière se rendit chez le dit Campagna en lui demandant d’arrêter ses sortilèges ou sinon il allait lui passer son épée au travers du corps...Le lendemain, ses animaux étaient guéris.

Le procès se termina le 28 juin 1685. Voyant qu’il n’aurait jamais la paix en Acadie, Jean Campagna prit le premier bateau pour la France. Il était célibataire et ne laissa aucun descendant au Canada.

On fait état de ce procès dans la généalogie des Campagna et aussi dans celle des familles Caissie, confirmé par Mme Myriam Marsaud de l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick.

Sur internet, nous avons retrouvé le libellé de la sentence envers ce Jean Campagna, le jeudi 28 juin 1685.

“ Entre le procureur du roi commis, demandeur et complaignant d’une part et JEAN CAMPAGNA, habitant de Beaubassin, pays d’Acadie, défendeur d’autre part, étant accusé de malice et sortilège par quelques habitant dudit lieu de Beaubassin.
Vu le procès-verbal fait par Etienne Maranda, huissier, le 18 juin dernier, accompagné de Labrèche, archer… en vertu de notre ordonnance, des dépositions de 10 témoins ouïs, neuf audit lieu de Beaubassin et le 10e à Port-Royal, faits les 26 septembre 1684, 8 novembre 1684, les 13, 14, 20 et 27 février 1685, le tout contenu dans un même cahier, la plupart signées par deux témoins, pour communication au procureur du roi…
L’interrogatoire dudit défendeur dudit jour 25 juin 1685, conclusions définitives en date de ce jour. Tout considéré et mûrement examiné nous disons que par le vu des pièces du procès il ne paraît aucune preuve du crime dont ledit défendeur semble être accusé; partant, nous avons ordonné que ledit défendeur sera élargi des prisons royales où il est détenu à sa caution juratoire, sauf à lui à se pourvoir pour ses dommages, intérêts et les prétentions qu’il peut avoir ainsi et à l’encontre de qui il avisera bien être à condition toutefois qu’il ne pourra retourner audit lieu de Beaubassin, sans permission.
Signé R.L. Chartier, de Lotbinière.